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Comment sont calculés les horaires ?

Là où ton pays publie un calendrier, l'app suit celui de son autorité, et on te dit comment on l'a vérifié. Là où il n'en publie pas, elle suit une règle connue, qu'on nomme et qu'on t'explique.

Ça vaut pour Siam, Sujud et Falaq : les trois apps calculent avec le même moteur, et donnent la même heure au même endroit.

Qui décide de l'heure ?

L'autorité religieuse de ton pays. L'app ne choisit pas l'heure à sa place : elle reprend le calendrier que cette autorité publie.

Le soleil, tout le monde le calcule pareil, à quelques secondes près. Ce qui change d'un pays à l'autre, c'est la définition de chaque heure : où l'aube commence pour le Fajr, où la nuit commence pour l'Isha, une ou deux longueurs d'ombre pour l'Asr, quelques minutes de précaution. D'un choix à l'autre, le Fajr et l'Isha peuvent bouger de 30 à 50 minutes, toute l'année.

Ni l'astronomie ni les savants n'imposent un chiffre : on s'accorde sur le signe, l'aube qui s'étale à l'horizon, pas sur un angle. Le conseil le plus courant des instances de fatwa est de suivre l'autorité de son pays, ou sa mosquée. L'app suit l'autorité de ton pays.

Chaque méthode porte le nom de l'autorité qui publie le calendrier : le Ministère des Habous au Maroc, la Grande Mosquée de Paris en France, la Diyanet en Turquie.

Pour savoir dans quel pays tu es, l'app le demande à ton téléphone. S'il ne répond pas, hors ligne par exemple, une carte du monde intégrée à l'app prend le relais.

Comment savez-vous que c'est le bon calendrier ?

On le lit. On compare le calendrier publié par l'autorité, minute par minute, à ce que calcule l'app.

  • On lit la publication de l'autorité elle-même : son site, son PDF, son application. Quand on n'a pu lire qu'une copie (un journal, un site miroir, des mosquées qui la reprennent), on le note. Et quand on n'a rien pu comparer, on le dit aussi.
  • Un calendrier est confirmé quand l'app le retrouve à deux minutes près dans la capitale et dans deux autres villes, loin d'elle.
  • Quand l'autorité ne publie qu'une ville, comme Kaboul, Bagdad ou Tachkent, on le dit : vérifié dans une seule ville.
  • Les heures lues restent dans nos tests : une mise à jour qui s'en éloignerait ne passerait pas sans qu'on le voie.
  • Chaque mois, un programme relit les calendriers qui se lisent automatiquement et les compare au calcul. Si l'écart dépasse ce qu'on connaît, on est prévenus. Cette relecture se fait de notre côté : ton téléphone n'appelle jamais ces sites.
  • Les autres, on les relit à la main, chaque année, en janvier.
  • Quand une heure bouge dans l'app, on l'annonce et on l'explique dans les notes de mise à jour.

Un calendrier peut changer sans prévenir : la Grande Mosquée de Paris a changé le sien en 2026, la Malaisie en 2019. C'est pour ça qu'on relit.

Et si mon pays ne publie pas de calendrier ?

L'app suit alors la règle de la Ligue islamique mondiale. C'est une règle par défaut, et on ne la fait jamais passer pour le calendrier de ton pays.

Dans plusieurs pays, au Nigeria, au Sénégal, au Soudan, en Syrie ou en Chine par exemple, on n'a trouvé aucun calendrier national : les autorités annoncent les mois et les fêtes, et les mosquées prennent leurs heures dans l'app ou le site de leur choix. On n'a donc pas d'heure officielle à suivre.

La règle de la Ligue fixe l'aube quand le soleil est à 18° sous l'horizon, et la nuit à 17°. Elle ne porte le nom d'aucun pays. Là où une fédération publie ses heures dans un pays qui n'est pas encore dans la liste, à Nairobi, à Séoul ou à São Paulo par exemple, elle est à deux minutes de cette règle.

Ta mosquée, elle, peut avoir sa propre table. Elle peut différer de quelques minutes, et parfois de bien plus à l'aube : à Dakar ou à Bamako, des mosquées mettent le Fajr 20 à 40 minutes plus tard. Si tu suis ta mosquée, choisis dans les Réglages, « Méthode de calcul », celle qui s'en approche.

Les pays qu'on n'a pas encore assez lus reçoivent la même règle, en attendant.

Pour le jeûne, de quel côté penche l'app ?

Du côté prudent. Quand il faut choisir, l'app ne te fait pas rompre le jeûne avant l'heure publiée.

La règle de la minute. Un calcul tombe rarement pile sur une table imprimée. Quand deux réglages s'en approchent autant l'un que l'autre, on prend celui qui ne fait jamais rompre le jeûne avant l'heure publiée. L'iftar de l'app tombe donc à la minute du calendrier, ou une à deux minutes après, quatre au plus dans quelques pays. Pour les autres prières, l'app suit le calendrier à deux minutes près.

Quand aucun calcul ne retrouve la table. Certaines autorités publient des heures qu'aucune formule ne reproduit tout à fait : des observations, des paliers, des heures fixes. Là, l'app prend le réglage qui reste du côté sûr de la table, chaque jour de l'année : la fin du sahour jamais après la sienne, l'iftar et les prières jamais avant.

Ce choix a un prix, et on le dit. En Ukraine, la fin du sahour de l'app tombe 7 à 12 minutes avant celle de la Direction spirituelle des musulmans d'Ukraine, et l'iftar jusqu'à 4 minutes après. En Russie, l'été, l'Isha tombe jusqu'à 30 minutes après celui de la Direction spirituelle, début août.

Pourquoi ne pas mettre la table elle-même dans l'app ? Parce qu'il faudrait la remplacer chaque année, dans chaque app, et que l'app calcule tout sur ton téléphone, sans rien télécharger.

Dans Siam, le jeûne commence au Fajr, à l'aube elle-même. Certains calendriers impriment un « imsak » quelques minutes avant, par précaution : Siam ne l'ajoute pas.

Les exceptions, une par une
  • En Turquie, l'app applique la règle que la Diyanet écrit elle-même : le coucher du soleil plus 7 minutes. Ses tables, elles, s'en écartent avec les saisons. À Istanbul, l'iftar de l'app tombe 1 à 2 minutes avant la table 143 jours sur les 396 lus. On a choisi de ne pas déplacer l'iftar de tout un pays pour ces minutes-là.
  • Si tu choisis la Diyanet à la main en Suède ou en Norvège : 18 jours par an à Stockholm et un à Oslo, l'iftar de l'app tombe une minute avant la table.
  • Au Royaume-Uni, à Birmingham : deux jours par an, aux bascules de l'été (le 18 mai et le 26 juillet en 2026), la fin du sahour de l'app tombe 1 à 2 minutes après celle du Wifaqul Ulama. Les effacer coûterait deux minutes de sahour à tout le pays, toute l'année.
  • Si tu choisis la Diyanet à la main en Ukraine : à Kharkiv, d'avril à août, la fin du sahour de l'app tombe jusqu'à 2 minutes après celle de la table de la Diyanet.

Deux autorités dans mon pays : laquelle ?

Celle qui marche le mieux, par défaut. L'autre est dans la liste des méthodes, sous son nom, à un geste.

« Marcher le mieux », c'est, dans cet ordre : un calendrier publié que l'app retrouve dans plusieurs villes ; puis la prudence pour le jeûne ; puis la pratique des mosquées.

Les pays où deux calendriers se partagent les mosquées.
PaysPar défautDans la liste
FranceGrande Mosquée de ParisMusulmans de France
Royaume-UniWifaqul UlamaCalendrier unifié de Londres
AllemagneDiyanet, son calendrier européenLigue islamique mondiale
Afrique du SudJamiatul Ulama du KwaZulu-NatalMuslim Judicial Council (Le Cap)
BahreïnCalendrier bahreïni, celui de l'ÉtatMéthode jafarite
UkraineDirection spirituelle des musulmans d'Ukraine (DUMU)DUMU « Umma »
IrakDiwan al-Waqf al-SunniMéthode jafarite, pour Najaf et Karbala
Pays-Bas, BelgiqueLes imams des Pays-Bas (VIN), l'Exécutif des Musulmans de BelgiqueDiyanet, pour les mosquées turques

Si ta mosquée suit l'autre, choisis-la dans les Réglages, « Méthode de calcul ». Ton choix est gardé.

L'app lit le pays, pas la région : au Cap comme à Londres, elle propose par défaut le calendrier du pays, et celui de ta ville est dans la liste.

Et l'été, dans le Nord ? Et les jours sans nuit ?

L'été, au-dessus de 48° de latitude, l'aube et la nuit doivent être estimées. L'app prend la règle d'été de ton autorité quand elle en publie une ; sinon, une règle reconnue, la même pour toutes les apps.

En été, à Paris, Bruxelles, Londres, Berlin et plus au nord, le soleil ne descend plus assez sous l'horizon : la nuit ne devient jamais tout à fait noire, et l'aube, au sens de la plupart des calendriers, n'arrive pas. Il faut l'estimer, et chaque autorité a sa façon. Même chose dans l'hémisphère sud.

Là où ton autorité publie sa règle d'été, c'est la sienne : la Grande Mosquée de Paris, l'Exécutif des Musulmans de Belgique, les imams des Pays-Bas, le Wifaqul Ulama au Royaume-Uni, la Direction spirituelle des musulmans du Kazakhstan, la Diyanet pour ses mosquées d'Europe. Ces règles diffèrent beaucoup : au Royaume-Uni, le Wifaqul Ulama place l'aube d'été au milieu de la nuit, et le 21 juin à Londres le jeûne commence à 01:00 et dure 20 h 28.

Ailleurs, l'app applique la résolution de 1986 du Conseil du fiqh de la Ligue islamique mondiale, reprise par le Conseil européen des fatwas : l'aube et la nuit sont estimées en proportion de ce qu'elles sont au 45e parallèle. Face aux calendriers officiels, cette règle fait le plus souvent commencer le jeûne plus tôt et tomber l'Isha plus tard : le côté prudent. Son revers : l'Isha d'été y tombe souvent plus tard que dans les mosquées.

Les jours sans nuit, ou sans jour. Au-delà des cercles polaires, certains jours, le soleil ne se couche pas, ne se lève pas, ou reste trop bas pour qu'une ombre existe. Ces jours-là, l'app prend les heures du 45e parallèle, comme le prévoit la même résolution : la même date, le même méridien, la même méthode. Ton midi reste ton midi.

Ces heures sont une estimation, pas celles du ciel : le 21 juin à Tromsø, le Maghrib tombe à 20:35, en plein jour. Pour l'instant, les apps ne l'écrivent pas à l'écran ; c'est ici qu'on l'explique.

Où se fait le calcul ?

Sur ton téléphone. Tout se calcule là : sans compte, sans serveur, sans calendrier à télécharger.

  • Ta position sert au calcul ; l'app ne la garde pas d'une ouverture à l'autre.
  • Aucun horaire de mosquée n'est téléchargé ni saisi : l'app calcule l'heure de ton autorité, à l'endroit exact où tu es.
  • Ton levier, c'est le réglage « Méthode de calcul » : tu peux y choisir une autre autorité, si ta mosquée en suit une autre. Ton choix est gardé d'une mise à jour à l'autre ; si cette autorité corrige son calendrier, tu reçois la correction.
  • L'Asr suit l'école du calendrier de ton pays : une ou deux longueurs d'ombre.

Qu'est-ce que l'app ne promet pas ?

La minute exacte de ta mosquée. L'app suit l'autorité de ton pays ; ta mosquée peut avoir ses propres minutes.

  • Loin de la capitale. En Bosnie, en Albanie, en Bulgarie, au Bangladesh et en Belgique, l'autorité décale la table de la capitale d'un nombre fixe de minutes pour chaque ville. L'app, elle, calcule le ciel au-dessus de toi. L'écart va de quelques minutes à un quart d'heure, l'été.
  • L'heure de ton téléphone. Les heures suivent son horloge : si elle n'est pas à l'heure légale de ton pays, après un changement d'heure qu'il n'a pas encore reçu par exemple, tout est décalé d'autant.
  • Près d'une frontière, hors ligne. Sans réseau, la carte intégrée peut se tromper de pays à quelques kilomètres d'une frontière. Le réglage « Méthode de calcul » fixe alors la bonne méthode.
  • Près de la ligne de changement de date. Aux Fidji ou aux Tuvalu, un ou deux jours par an restent sans horaires.
  • L'altitude. Ni l'app ni les autorités qu'on a lues ne la prennent en compte.
  • L'heure de la prière en groupe. L'app donne le moment où chaque prière commence, pas l'heure où ta mosquée la fait en groupe.
  • Un calendrier qui change sans prévenir. On relit, chaque mois ou chaque année ; entre deux lectures, un changement peut nous échapper un temps.
  • Une réponse religieuse. L'app ne tranche aucune question de fiqh : elle suit l'autorité de ton pays, et te laisse choisir.

Ton pays publie un calendrier qu'on n'a pas lu ? Envoie-le-moi : un lien, un PDF ou une photo suffit.

C'est le calendrier de l'autorité qui compte, pas la table d'une mosquée : c'est lui qu'on lit pour faire entrer un pays.

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